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Bonjour,
Merci de vos lumières; personnellement je trouve cette rubrique la plus innovante de votre forum. Enfin un lieu où échanger sur ITIL et les PME.
Cela dit, vous ne répondez que vaguement à la question : qu'est-ce pour ITIL qu'une "petite" organisation ?
J'ai lu l'article référencé dans le post précédent et il semble que la cible soit plutôt (et toujours) les "grosses" PME, et non pas les TPE et les PME de moins de 100 salariés par exemple.
D'où mes questions :
- Peut-on envisager l'implémentation d'un VRAI centre de service en PME ?
- Avec quels outils ?
Cdlt.
Hors ligne
Bonjour Thierry,
La réponse est oui on peut implémenter un Centre de Service pour une PME , quelle que soit sa taille, avec l'outillage approprié. En revanche pour vous proposer une réponse précise, il me faut une description plus détaillée de votre contexte.
Un Centre de Service sert principalement de point de contact unique, puis il enregistre, traite, escalade, suit et communique sur le statut des incidents, demandes de services, plaintes.
En termes d'outils, un ou plusieurs téléphones vous permettront de collecter les appels. Un outil de gestion de "ticket" vous permettra de mettre en œuvre le suivi, traitement des demandes et de donner accès à vos clients à la saisie de leurs demandes.
En termes d'outil vous trouverez par exemple : Request Tracker ou si vous souhaitez aller plus loin il y a la solution GLPI qui intègre aussi de la Gestion de parc informatique.
En mettant en œuvre l'un de ces 2 outils et un numéro de téléphonique unique (ou un groupement) vous répondez déjà aux principaux enjeux du Centre de Service.
Combien d'utilisateur avez-vous ?
Sont ils habitués à utiliser l'outil informatique (intranet) ?
Quelle est la taille de votre équipe informatique ?
L'activité est-elle répartie sur plusieurs sites ?
Quel est l'enjeu de l'informatique pour votre entreprise ?
Disposez-vous d'un budget ?
Dernière modification par ITIL_expert (06-12-2008 12:41:24)
Bonjour Thierry,
Je vais vous répondre en me contentant de décrire de façon pragmatique et réaliste ce que nous avons mis en œuvre dans le contexte d'une PME; en espérant que ce modèle sera au moins reproductible dans votre environnement.
Ce modèle a été mis en œuvre dans une structure d'environ 80 utilisateurs, répartis sur deux sites en France, au sein d'un département informatique et logistique comptant 5 personnes.
Les services fournis par l'informatique étaient classiques : messagerie électronique, service d'impression, bureautique, comptabilité générale, applications métier, etc.
Nous sommes parti du double constat que :
- La population des utilisateurs ne savaient jamais clairement à qui s'adresser en cas de panne;
- Les intervenants qu'il soient internes ou externes avaient de grandes difficultés à coordonner leurs interventions de support et ne communiquaient pour ainsi dire quasiment pas entre eux.
Fort de ce constat, nous avons pris la décision d'établir un Centre de Service sur le modèle de l'ITIL; seulement voilà, en PME avoir de bonnes idées ne suffit généralement pas, et mieux vaut savoir composer avec des budgets "ultra- light" et des ressources en personnel fort limitées.
Très rapidement donc s'est posée la question de l'outil et de comment nous serions capables de déployer à moindres frais et ressources le nouveau service.
A cette question, la réponse a presque immédiatement été l'Open Source. Nous avions compris qu'en combinant plusieurs briques fondamentales nous parviendrions à reproduire suffisamment fidèlement le comportement d'un outil professionnel de gestion d'un Centre de Service, et cela avec une grande modularité, évolutivité et scalabilité des solutions optées.
Comment avons-nous procédé dès lors? Très simplement en fait; compte-tenu de l'absence de coûts liés aux licences et à l'acquisition de nouveau matériel, il fut aisé de convaincre tout d'abord la Direction puis les directeurs du bienfondé de notre démarche, d'autant que nous étions en mesure de tout piloter en interne; (les solutions Open Source sont devenues très opérationnelles et rapides à mettre en oeuvre).
Nous avions toutefois mis un point d'honneur dès le départ à intégrer les considérations essentielles liées à tout projet informatique d'envergure, et notamment la prise en compte de la culture de l'entreprise. Nous savions que nous ne pourrions pas nous permettre de remettre en cause en profondeur les habitudes de travail des collaborateurs, ni ajouter aux procédures existantes un formalisme et une bureaucratie qui auraient eu pour effet de clouer au pilori notre projet.
Nous nous sommes donc interrogés sur :
- Quelles étaient les attentes réelles de notre client ?
- Le périmètre du nouveau Centre de service à mettre en place;
- Les moyens techniques disponibles pour la réception et le traitement des demandes;
Tous les utilisateurs étant équipés a minima d'un ordinateur et d'un téléphone, nous avons décidé dans un souci de facilitation de la transition et de moindre impact des changements sur les utilisateurs finaux d'exploiter les canaux existants de communication : le téléphone et l'email.
Notre seul mot d'ordre : le chagement dans la continuité; ou comment atteindre nos objetcifs initiaux sans risquer une levée franche et massive de boucliers dans un contexte sévère et ancien de crise de confiance entre les utilisateurs finaux et les services de support.
C'est ici que les outils ont fait la différence; nous souhaitions tout d'abord implémenter une solution de gestion capable de recevoir des demandes sous forme d'emails, puis de les convertir en tickets identifiés par des numéros uniques pour permettre un traitement centralisé et structuré, et ainsi faciliter la communication avec les demandeurs.
Notre choix s'est rapidement porté sur la solution logicielle Request Tracker, qui répondait en tous points aux exigences pré-citées, et permettait en outre de gérer des files d'attentes spécifiques et de d'établir des rapports de gestion.
Les utilisateurs avaient désormais la possibilité d'adresser toutes leurs demandes à une adresse email de contact unique, quelque soit la nature des demandes, et recevaient un ticket de confirmation de prise en compte, puis un avis de clôture après fermeture du ticket avec l'accord de l'utilisateur.
Tous les membres du centre de service ont été équipés puis formés à l'exploitation de ce logiciel qui a permis un meilleur dispatching des rôles et des tâches, de même qu'une continuité renforcée dans la traitement des demandes, les uns pouvant se substituer aux autres en cas d'absence, donnant au service dans son ensemble un aspect nettement plus professionnel.
La Direction dans un souci de simplification des procédures avait souhaité intégrer dans le périmètre du Centre de Service la presque totalité des services technologiques dont un utilisateur était entouré quotidiennement et dont la rupture pouvait occasionner une déficience de productivité dudit.
Nombres des services étant sous-traités partiellement, nous avons déployé en interne un standard automatique en exploitant les performances de l'installation téléphonique en place.
Ainsi, et en composant le même numéro, les utilisateurs pouvaient-ils être mis en relation directement avec les prestataires de service externes à l'aide d'un menu vocal, ou patienter et joindre un membre du Centre de Service pour tout autre demande.
Cette initiative a permis de réduire quantitativement le nombre d'appels intempestifs au centre de service avec pour bénéfice une moindre quantité d'interruptions des équipes de support dans leur tâches et missions quotidiennes.
Pour la coordination avec les partenaires externes tels que les équipes de supports à l'exploitation des applications métiers, nous avons fait le choix d'ouvrir partiellement l'accès à l'outil de gestion afin que les membres du centre de service en interne puissent escalader les demandes vers les supports externes considérés dès lors comme un niveau 2.
Des contrats de niveaux de service (SLA) simplifiés mais rigoureux ont été signés avec la totalité des prestataires et fournisseurs de service externes et ont été communiqués aux membres du centre de service en charge de s'assurer de la qualité constante des services délivrés soit au respect des accords contractualisés.
A présent donc, nous disposions d'une structure organisée disposant d'un numéro d'appel et d'une adresse email de contact uniques; nous avons dès lors mis tout en oeuvre pour assurer la promotion en interne du service auprès tout d'abord des membres clefs du personnel, puis d'un collège de "super-utilisateurs" sélectionnés pour tester la solution, et enfin auprès des membres du personnel au complet.
Nous organisions régulièrement des campagnes d'information (comment joindre le centre de service, à quel numéro, pour quel type de demandes, etc.); nous avions fait ajouter à la brochure d'accueil des nouveaux salariés un article spécifique relatif au centre de service, ainsi qu'à la charte informatique de l'entreprise.
Malgré tout, nous nous sommes très vite confronté à un vide sidéral en ce qui concernait alors les informations dont nous disposions au sujet de l'infrastructure et de ses composantes.
Nous sommes parvenus à mettre la main sur divers documents Excel collectés auprès du service comptabilité et exploités comme outils de gestion des actifs. Nous avons compulsé ces documents et condensé les informations qu'ils contenaient au sein d'une base de données unique à l'aide d'un second outil, la solution logicielle GLPI.
Cette solution bien plus complète en réalité, ne nous est apparue utile sinon opportune que dans les aspects gestion des actifs, des contrats et de l'inventaire, les autres fonctionnalités étant assez éloignées des recommandations de l'ITIL voire en contradiction totale.
En complément, nous avons déployé le greffon OCS-NG d'inventorisation automatisée du parc, qui a permis une fois en place de confronter inventaires logique et physique des biens informatiques.
La combinaison habile de ces deux solutions a permis d'obtenir rapidement un cliché fidèle des composantes informatiques de l'environnement de production, sans toutefois permettre la gestion des rapports et notamment de dépendances entre ces composantes; (et donc faciliter la détection des faiblesses d'infrastruture et des points uniques de défaillance).
Pour pallier partiellement à cette carrence de l'outil finalement très éloigné du concept de CMDB d'ITIL, nous avons compléter le dispositif à l'aide d'un dernier outil, la solution de supervision NAGIOS.
Cette solution nous a permis de réaliser des analyses par arbre de panne rudimentaires mais satisfaisantes, et ainsi détecter et remédier aux conséquences de la défaillance des composantes critiques de l'infrastructure en adaptant l'existant matériel/logiciel toutes les fois que cela a été possible.
En outre, la solution NAGIOS a permis la levée automatique d'incidents liés à l'infrastructure grâce au déploiement judicieux de sondes sur les équipements.
Au final, nous disposions :
- D'un véritable centre de service, point de contact unique capable de recevoir, traiter, clore et gérer les demandes des utilisateurs.
- D'un outil de gestion de l'infrastructure opérationnel et adapté, facile à administrer et à déployer.
L'agilité caractéristique de la PME a rendu possible l'acceptation rapide du projet de mise en place d'un centre de service, et son déploiement presque immédiat.
La modularité et les performances des solutions Open Source ont permis de matérialiser le projet en tenant à notre disposition des solutions jusqu'alors réservées aux grands comptes.
Ce projet est une illustration concrète et pragmatique de comment il est envisageable de déployer des processus et des fonctions ITIL en PME.
Hors ligne
Merci de vos réponses très complètes et surtout concrètes.
Je connaissais GLPI / OCS-NG, mais pas REQUEST TRACKER.
En effet pour un SD, le ticketing semble l'outil idéal. Le modèle que vous décrivez FIF est le plus proche de notre contexte et je vais fortement m'en inspirer. Sachant que nous ne cherchons pas à faire du ITIL à tout prix mais plutôt prendre ce qui est profitable pour notre cas et laisser le reste de côté.
Merci encore pour le développement très clair et "terrain".
Hors ligne
Un carnet de route intéressant; par contre, il faut encore pouvoir prétendre maîtriser l'opensource, et si je comprends bien, tout ce que l'on peut espérer en tirer au final c'est une maquette qui ressemble de très (très ?) loin à une véritable CMDB ??
N'existe-t-il pas des solutions "packagées"
pour les PME/PMI? Autrement dit un PGI intégré et financièrement abordable ?
Je ne vois pas comment acheter un projet ITIL sans outils car si je comprends bien pour appliquer la démarche encore faut-il être pourvu des solutions logicielles adaptées; n'est-ce pas ?
Merci pour votre forum et vos précieux conseils et documentations.
Hors ligne
Bonjour Dan,
Au jour d'aujourd'hui les solutions logicielles "ITIL" des grands éditeurs embarquent la plus part du temps tous les outils nécessaires à la mise en œuvre d'ITIL. Globalement il s'agit d'un "noyau" qui est la CMDB autour du quel viennent se greffer des modules, qui sont les outils spécifiques aux processus (incident, changement, configuration, etc.).
Ces solutions "packagées" ont un coût important et répondent normalement à "tous" les besoins.
S'agissant des solutions open-source elles sont maintenant matures et ne nécessitent pas à mon sens un grand niveau de maitrise technique pour les déployer. Bien entendu la "customisation" d'une solution open-source nécessitera des compétences un peu plus poussées. Note que les solutions "éditeurs" nécessitent elles aussi une adaptation à chacune des entreprises, sauf que dans ce cas un coût supplémentaire d'intégration sera supporté par le client de la solution.
Il est évident que si aucun processus n'est mis en œuvre faire le choix d'intégrer une solution "complète" ou "open-source" sur des processus absents pourra rapidement se révéler inutile. En revanche avoir une approche "séquentielle" peut apporter des résultats visibles immédiats.
Si l'on se place du point de vue d'une PME qui à des ressources "limitées", le choix d'une solution n'est pas forcément facile à faire. Et il n'y a pas, hélas, de réponses toutes faites à ces questions. La meilleure approche reste de définir tes besoins pour déterminer la solution la plus adaptée.
1- Évaluez la maturité de vos processus dans votre contexte (quels processus existent, sont-ils matures? Quels sont les moins maitrisés),
2- En fonction de la première étape, allez-vous traiter tous les processus ( et outils en même temps) sinon quels sont les processus à traiter en priorité. Définir le périmètre du projet et ses étapes,
3- En fonction de la feuille de route (projet + étapes) quel budget pouvez-vous allouer au regard des objectifs de l'entreprise.
En synthèse : Ou en êtes-vous par rapport à ITIL ? Ou voulez-vous aller ? Et combien pouvez-vous investir (outils, personnel, etc.)
Tout est une histoire de contexte, et ne connaissant pas le tient, il est difficile de répondre plus précisément à tes questions.
Si tu souhaites davantage de détail, n'hésite pas à préciser tes attentes.
Merci ITIL_expert,
Votre réponse est très claire et vos conseils précieux; je ne manquerai pas de revenir vers vous pour approfndir au besoin.
Cdlt.
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http://www.eyesofnetwork.com/
quelqu'un l'a déjà essayé ?
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